Pour la première fois de ma vie, j'ai dû annuler un voyage ...

La première semaine de mai, je devais me rendre en Islande avec mes deux soeurs pour un "one last ride for the bride". Ma soeur cadette se marie cet été, et comme je suis également déjà mariée et qu'on planifie d'avoir des enfants dans les prochaines années, on s'était dit que ce serait "le fun" de faire (peut-être) un dernier voyage entre soeurs au printemps. Tout était réservé depuis des mois. Organisée et motivée comme je suis lorsqu'il s'agit de planifier un voyage, j'avais pris des heures et des heures pour choisir l'itinéraire, les hôtels, les lieux qu'on allait visiter, ce qu'on allait faire, tout était réservé, planifié, bref, beaucoup de boulot et on avait hâte de partir ! Début avril, la compagnie aérienne avec laquelle on devait se rendre à destination a officiellement déclaré faillite et, donc, nous nous sommes retrouvés comme de nombreux autres voyageurs le bec à l'eau. On avait un voyage complet de planifié jusque dans les moindres détails, mais un gros hic: plus de billets d'avion. Sur le coup, même si j'étais un peu paniquée, je me suis dit que je trouverais un autre moyen de nous rendre à destination.

Je n'ai donc rien annulé tout de suite et je me suis mise à chercher des solutions.  Pour ceux qui me connaissent, je suis «Miss Solutions». J'ai toujours un plan A, B, C et D et il y a toujours façon de se débrouiller dans la vie. Ce n'était pas parce qu'on n'avait plus de billets d'avion à 3 semaines d'avis que je devrais annuler notre beau voyage que j'avais mis tant de temps à planifier. Non, ça n'arriverait pas. Il est vrai que les compagnies de carte de crédit remboursent les billets d'avion achetés lorsqu'une compagnie aérienne fait faillite, par contre, le problème est plutôt d'acheter un autre billet qui ne coûte pas une fortune. À trois semaines d'avis, dans un pays aussi "peu accessible" que l'Islande, bonne chance !

Ce sera pour une prochaine fois, le Blue Lagoon

Ce sera pour une prochaine fois, le Blue Lagoon


Les deux seules compagnies aériennes qui effectuaient la liaison directe entre le Canada et l'Islande sont : feu WOW Air et Icelandair. Après m'être entretenue avec un porte-parole d'Icelandair, on m'a expliqué que les prix de leurs billets avaient explosé, mais pas pour tirer profit de la faillite de leur rivale. C'est plutôt parce que la compagnie Icelandair s'est retrouvée, du jour au lendemain, à devoir transporter tous les passagers laissés en plan de l'autre côté de l'Atlantique ainsi que de nombreux membres d'équipage de WOW Air. La demande était tellement importante que les prix des billets étaient affichés à presque le double du prix "habituel". Ce n'était donc pas une option pour nous, avec trois billets à acheter, ça l'aurait été un voyage beaucoup trop dispendieux.  Par contre, je comprends qu'Icelandair s'est retrouvé, du jour au lendemain, à devoir "gérer la crise" ; il était le seul transporteur capable de sauver la situation. Des milliers de voyageurs étaient déjà en Islande lorsqu'ils ont appris la nouvelle et ont dû trouver un plan B d'urgence à l'aéroport pour rentrer au pays. Dans notre cas, on l'a su trois semaines avant le départ ; c'est donc beaucoup moins grave. J'ai ensuite contacté les compagnies aériennes qui avaient accepté d'offrir des "rescue fares" comme on les appelle dans le jargon : Air Transat offrait 30% de rabais sur ses vols en Europe. Belle idée et superbe initiative, par contre, après avoir atterri, disons à Londres, il nous fallait acheter un autre billet pour l'Islande aller-retour. La compagnie européenne low cost EasyJet offrait la liaison, mais au coût de 200 euros = 350$. Ça devenait extrêmement long et couteux comme démarche. Delta offrait le même genre de tarif spécial, mais ne volait pas non plus en Islande. Donc même scénario ici. Bref... après avoir tout essayé, j'ai dû me rendre à l'évidence que celle-là, je ne la gagnerais pas. J'ai donc annulé mes hôtels, ma location de voiture, et mes billets pour le Blue Lagoon et autres activités. Évidemment, les fournisseurs locaux à Reykjavik étaient très au courant de la situation et ont été très compréhensifs. Ils ont également dû perdre énormément de "business" dans cette triste affaire. Je n'ai donc heureusement rien perdu et j'ai pu simplement tout annuler, en promettant que ce n'était que partie remise (et je le souhaite sincèrement).

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J'espère qu'une solution sera vite trouvée, parce que le tourisme n'avait jamais aussi bien été en Islande : la preuve, on voulait y aller absolument! En espérant que nous y retournerons le plus rapidement possible, je continue de regarder les prix des billets offerts par Icelandair et j'espère que mes plans de voyage se concrétiseront enfin, probablement l'an prochain. Et vous, avez-vous déjà dû annuler un voyage prévu? Comment est-ce que ça s'est passé pour vous? J'aimerais vous entendre.

Catherine Maisonneuve